Le site du scythe qui cite

20 novembre 2011

125 / DANS COMMENT VIVRE DE RIEN OU PRESQUE A L'ANNEE de FITZGERALD, ON LIT...

" - Je crois comprendre que vous cherchez une nurse. Est-ce l'enfant ?

- Oui, Madame.

(C'est une dame bien née, de la Cour d'Angleterre, avons-nous pensé, qui traverse sans doute une période difficile)

- Je dispose d'une grande expérience, a-t-elle dit en se levant vers notre enfant pour essayer, sans succès, de lui prendre la main. Je suis pratiquement une nurse diplômée. J'ai d'excellentes manières et je ne me plains jamais."

FRANCIS SCOTT FITZERALD, "Comment vivre de rien ou presque à l'année" in Un Livre à soi (trad. P. Guglielmina), Belles Lettres, p. 50

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22 octobre 2011

124 / DANS EXEGESE DES LIEUX COMMUNS DE BLOY, ON LIT...

"Le Bourgeois est, par nature, déicide, homicide, parricide et infanticide, mais glorieux."

LEON BLOY, Exégèze des lieux communs, 10x18, page 279.

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20 août 2011

123 / DANS HUTCHINSON AND SUCCRS. DE POLLEN, ON LIT...

"Pendant que j'étais assis sur un tabouret à côté du téléphone de l'entrée, elle avait longuement discuté avec elle-même au sujet de sa toilette : devait-elle conserver son rustique tailleur de promenade ou se changer pour une robe d'après-midi provenant de la collection automne - hiver 1938-39 de Worth et portant le nom de Flirt, modèle qui fut probablement porté par la Reine Maud, déjà gravement malade, dans les dernières semaines de sa vie à l'occasion de réunions familiales ? "

GEIR POLLEN, Hutchinson and Succrs., trad. du norvégien parTerje Sinding, Circé, page 158

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16 juillet 2011

122 / DANS LES OEUVRES D'EMPEDOCLE, ON LIT...

"Dans le huitième mois, au dixième jour, le pus tourne au blanc."

EMPEDOCLE, Oeuvres, trad. Yves Battistini, Imprimerie nationale (ed. bilingue), page 93

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121 / DANS ENTRE MIENS DE F. CARADEC, ON LIT...

"Noël Arnaud m'apprend que ma communication, enregistrée sur bande magnétique à Cerisy, a été dévorée par les termites. Or, et je ne crois pas m'éloigner sensiblement du sens de ma communication en faisant aujourd'hui cette constatation, je ne me souviens plus du tout de ce que j'ai pu dire il y a maintenant deux ans. Maurice Roche, que j'ai vainement interrogé, n'a, lui non plus, aucun souvenir de cette conférence. Ainsi, singulièrement, le point de vue du conférencier et celui de son auditoire semblent se rejoindre dans l'amnésie. Le but que je m'étais fixé semble donc avoir été atteint."

FRANCOIS CARADEC , "Le degré zéro de la littérature" in Entre miens, Flammarion, page 771

 

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05 juillet 2011

120 / DANS PERES ET ENFANTS DE TOURGUENIEV, ON LIT...

"La petite maison seigneuriale dans le goût moscovite, qu'habitait Evdoxia Nikitichna Koukchine, était située dans une rue qui avait récemment brûlé ; personne n'ignore que nos villes de province brûlent tous les cinq ans. A la porte d'entrée et près d'une carte de visite qui s'y trouvait clouée de travers, pendait le gland d'une sonnette ; une femme en bonnet, tenant le milieu entre la servante et la dame de compagnie, vint à la rencontre des visiteurs dans l'antichambre. Tout cela donnait suffisamment à entendre que la maîtresse de la maison était amie du progrès."

IVAN TOURGUENIEV, Pères et enfants, chap. XIII, Cercle du bibliophile, p. 76

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25 juin 2011

119 / DANS JUDAS DE J. LANZA DEL VASTO, ON LIT...

"Judas, comme tous les Apôtres, accomplissait des miracles selon qu'il lui avait été donné. La première fois qu'il en vit un sortir de sa main il cria presque, comme lorsque enfant on le mena à la pêche et que dans le filet levé il vit un vrai poisson, un poisson vivant, son poisson, briller. Avec le temps, il devint maître en la matière. Il s'était acquis une façon toute personnelle d'opérer. Il n'opérait pas comme les autres (...). Judas préparait l'assistance par un discours, non pas trop bref pour donner à beaucoup de monde le temps de s'assembler, ni trop long pour ne pas décourager l'attention, puis, remuant des genoux, des coudes, des hanches comme s'il dansait, avec une suprême élégance, jetait hors de lui la merveille, si bien qu'on arrachait aux gens des applaudissements plutôt qu'un hosanna."

JOSEPH LANZA DEL VASTO, Judas, coll. folio, pages 98-99

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29 mars 2011

118 / DANS LE MEDISANT PAR BONTE DE J.BOUSQUET, ON LIT...

"Dans la rue la plus silencieuse de la petite ville, sur une façade de pierre grise, s'ouvrent cinquante fenêtres hautes comme des portes et une entrée où passeraient quatre chevaux de front. Cet hôtel particulier où bourdonnent aujourd'hui des ronds-de-cuir et des dactylos n'est plus habité par les aristocrates qui l'ont fait bâtir. Parfois, une passante regarde furtivement l'amour de pierre qui s'effrite dans la cour, elle cherche des yeux une étroite ouverture qui était jadis l'accès dérobé de l'hôtel, et répond à peine à son mari qui l'entraîne et parfois la querelle sur le silence où elle vient de tomber."

BOUSQUET, Le Médisant par bonté, collection L'Imaginaire, Gallimard, page 111

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20 février 2011

117 / DANS LE JOURNAL DE LOUIS XV, ON LIT...

"Juillet [1750]. Aujourd'hui lundi, 6, on a brûlé en place de Grève, publiquement, à cinq heures du soir, deux ouvriers, savoir un garçon menuisier et un charcutier, âgés de dix-huit et vingt-cinq ans, que le guet a trouvés en flagrant délit, dans les rues, le soir, commettant le crime de sodomie. Il y avait apparemment un peu de vin sous jeu pour pousser l'effronterie à ce point."

LOUIS XV, Journal historique et anecdotique de Louis XV, ed. EJF Barbier , tome 3

 

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116 / DANS PARIS AU XXe SIECLE DE J.VERNE, ON LIT...

"Cet homme, élevé dans la mécanique, expliquait la vie par les engrenages ou les transmissions; il se mouvait régulièrement avec le moins de frottement possible, comme un piston dans un cylindre parfaitement alésé; il transmettait son mouvement uniforme à sa femme, à son fils, à ses employés, à ses domestiques, véritables machines-outils, dont lui, le grand moteur, tirait le meilleur profit du monde. Vilaine nature, en somme, incapable d'un bon mouvement, ni d'un mauvais, d'ailleurs ; il n'était ni bien ni mal, insignifiant, souvent mal graissé, criard, horriblement commun."

JULES VERNE, Paris au XXe siècle, Hachette, pages 51 - 52

 

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